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Le blog de Nicolas Dupont-Aignan Député de l'Essonne et président de Debout la République
Mis à jour : il y a 22 min 32 sec

Et si on abolissait la peine de mort pour les victimes ?

il y a 46 min 18 sec

Le violeur et meurtrier de la jeune femme de Lille avait été condamné à 10 ans de prison en 2006. Il a été relâché au bout de 5 ans !

Moi qui pensais que la peine de mort avait était abolie en 1981, j'ai la triste sensation qu'elle existe toujours, mais pour les victimes cette fois.

C'est pourquoi j'ai été le premier à exiger la suppression des remises de peine automatiques qui décrédibilisent la Justice française et conduisent à un sentiment quasi-total d'impunité chez les voyous et les malades.

Comment comprendre en effet qu'on puisse violer et tuer dans notre pays pour seulement 5 ans de prison ?! Je me souviens d’une séance de nuit à l’Assemblée Nationale où pour rejeter mon amendement, la "gaulliste" Madame Alliot-Marie m’avait expliqué qu’il ne fallait pas désespérer les détenus des prisons et qu'il fallait leur laisser un espoir de sortir. Certes, mais pourquoi dans ce cas faire de la remise de peine le principe et de la détention l'exception ? Cela n'a aucun sens.

En pratique, il s'agit surtout pour le gouvernement de vider les prisons plutôt que d'en construire de nouvelles. Car relancer le programme de construction stoppé par Sarkozy, ce serait coûteux à court terme mais efficace seulement à moyen terme. Or, dans un jeu politique où seule compte la prochaine réélection et l'image médiatique, nos gouvernants préfèrent l'esbroufe à une action sérieuse et exigeante.

Ah, qu'il est loin décidément le temps du Général, des grands programmes nationaux et du service de l'intérêt général et de la patrie...

Tout l’été nous avons ainsi assisté à une gesticulation présidentielle sur la sécurité, mais rien de concret et d’efficace pour rétablir la crédibilité de la chaîne pénale. Rien de concret pour le citoyen. Tout pour les apparences.

A noter que le président a été bien aidé dans son entreprise de communication par les cris d'orfraie des belles âmes socialisantes qui l'ont fait passer pour le "méchant sécuritaire" qu'il n'est pas.

Mon amendement de suppression des remises de peine automatique de 2 mois par année d'incarcération a ainsi été rejeté par le gouvernement avec le soutien du PS.

A nouveau, je déposerai donc très prochainement une proposition de loi pour supprimer ces remises de peine automatiques qui aboutissent en France à ce qu’un condamné n’effectue au mieux que la moitié de sa condamnation.

Pour l'école de la République

jeu, 09/02/2010 - 22:33

Droite et gauche : l’été de la démagogie

ven, 08/27/2010 - 16:27

La France aura connu un triste été marqué par la bassesse politique.

Conscient des limites de l’action gouvernementale, le président de la République a voulu reprendre la main en adoptant de nouvelles postures pour provoquer, détourner l’attention du public de l’affaire Woerth, et retrouver le soutien de l’électorat populaire déçu. Au-delà d’un regain de faveur ponctuel et mitigé dans l’opinion publique, sa manœuvre courait d’avance à l’échec, pour la simple raison que, depuis trois ans, il n’est plus candidat mais Président. Il ne comprend pas qu’à ce titre ce sont ses résultats qui sont jugés, non pas ses déclarations d’intention. De même, en tant que Président, on attend de lui un rôle de rassemblement des Français, non pas de division politicienne. Son bilan sur la sécurité est mauvais car il ne s’est pas donné les moyens de son ambition. Ce faisant, par ses discours martiaux, loin de convaincre, il n’a fait que conforter le fossé entre les paroles et les actes, attisant le désarroi des Français, tout comme le découragement des forces de sécurité publique.

Pire encore, une fois de plus, il a démontré son incapacité à être le Président de tous les Français, celui qui doit apaiser, rassembler, guider. En face, la réaction des belles âmes est aussi empreinte d’outrance et de facilité car, sérieusement, comment comparer une seconde les expulsions de camps illégaux de Roms, accompagnées d’une aide au retour de 300 € par adulte et 100 € par enfant, aux rafles de Vichy ? Il suffit de regarder en face les problèmes du pays pour constater que certains Roms vivent de trafics. De véritables mafias organisées utilisent des jeunes de moins de 15 ans pour se livrer à des cambriolages, à la mendicité agressive et à des agressions. Cela ne veut bien sûr pas dire que les Roms sont tous des bandits mais des populations déracinées et misérables, particulièrement vulnérables à la spirale de la délinquance. Cette polémique de fin d’été est totalement artificielle pour la simple raison qu’elle ne sert aux uns et aux autres qu’à se positionner, à se mettre en scène, alors même qu’ils sont tous coresponsables, droite et gauche confondues, de la montée de cette insécurité dans le pays. La vraie cause est la suppression des frontières nationales. Le rôle même de la frontière est de choisir qui entre dans son pays et qui n’y entre pas. Si la France contrôlait ses frontières, elle aurait pu tout simplement interdire l’entrée des délinquants multirécidivistes, quels qu’ils soient. En empêchant l’importation sans fin de cette misère et de cette délinquance, cela aurait évité de stigmatiser les Roms dans leur ensemble. L’enjeu est bien là. Dans un pays qui ne contrôle pas ses frontières, l’anarchie menace. Et à l’anarchie, répond toujours l’amalgame et donc la haine.

Faute de déterminer à partir de certains critères, respectueux des Droits de l’Homme, qui peut entrer ou qui ne peut pas entrer dans notre pays, on en est contraint aux gesticulations du Président Nicolas Sarkozy qui veut faire croire qu’il agit et aux cris d’orfraie de ceux qui croient voir revivre Vichy tous les quatre matins.

Au terme de cet été, rien n’aura changé. Les Roms expulsés, qu’ils soient malhonnêtes ou non, seront revenus en France et la situation ne fera que se dégrader.

Car j’aimerais qu’on m’explique comment un pays perclus de dette, à la compétitivité déclinante, peut continuer à offrir le système social le plus généreux du monde tout en laissant ses frontières grandes ouvertes ?

Les petits jeux dérisoires du PS et de l’UMP apparaîtront malheureusement bien inoffensifs quand la colère populaire s’abattra sur notre pays ! Quant à la Commission de Bruxelles, si elle est à nouveau dans son rôle en rappelant nos gouvernants aux traités absurdes qu’ils ont signés sur la libre circulation en Europe (traités qui seront d’ailleurs encore aggravés l’année prochaine), comment ne pas voir sa profonde mauvaise foi, elle qui ne fait rien de sérieux pour favoriser l’intégration des Roms dans leur pays d’origine, laissant la Roumanie et la Bulgarie se débarrasser du problème que ces populations constituent chez elles en ne faisant rien contre leur émigration de masse vers les Etats développés de l’Union ? Voilà pourquoi nous devons, avant qu’il ne soit trop tard, continuer inlassablement de dire la vérité aux Français et de leur proposer une autre politique, capable celle-là de résoudre concrètement les problèmes du pays.

Stock options, le grand retour en arrière

mer, 08/25/2010 - 16:06

Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait n’est pas à proprement parlé le point fort du président de la République. Alors que plusieurs enquêtes d’opinion prouvent nettement que les Français, notamment en matière de sécurité publique, ne sont plus dupes des effets de manche et d’annonce présidentiels, les révélations du Parisien d’hier ne pourront que leur donner raison : malgré les promesses, il y a deux ans, de moralisation du capitalisme, de « plus jamais ça » sur les rémunérations abusives des grands patrons, on a donc appris que les principaux dirigeants de BNP-Paribas avaient exercé début août leur droit sur plusieurs dizaines de milliers d’actions (système des stock options), réalisant ainsi un profit total de plus d’un million d’euros.

Aux Français le chômage et une dette publique aggravée par les plans de sauvetage de la finance, aux banquiers les plus-values astronomiques, crise ou pas crise. Bien entendu, ces transactions sont conformes à des lois qui, en réalité, ont si peu changé depuis l’été 2008, malgré les sommets à répétition du G8, G20 et autres Davos…

Empêcher les excès des grands patrons serait très difficile à mettre en œuvre - mais l’exemple hollandais nous montre le contraire - et ferait fuir les meilleurs managers à l’étranger - mais n’en resterait-il pas tout de même de qualité en contrepartie de rémunérations plus raisonnables mais malgré tout intéressante ? Bref, le « grand soir » ne serait pas pour demain.

Admettons… Mais en quoi cela empêcherait-il le gouvernement d’aligner la fiscalité des stock options sur le droit commun, c'est-à-dire d’intégrer leur plus-value au revenu des contribuables concernés, de soumettre cette dernière aux cotisations sociales et de l’imposer au titre de l’Impôt sur le revenu (dont il faudrait par ailleurs créer une nouvelle tranche maximale) ?

En ces temps de « chasse » au niches fiscales, de serrage de ceinture pour tous (ou soi-disant tels), pareille mesure irait dans le sens d’une justice fiscale qui, hélas, fait trop souvent défaut, et abonderait de manière non négligeable les caisses de l’Etat.

Mais, là encore, les actes ne suivent pas les discours. Sur les stock options, c’est aussi le grand retour… en arrière !

Roms : rétablissons les contrôles aux frontières !

jeu, 08/19/2010 - 15:03

La résurgence de la question rom met en évidence l’absurdité et l’impasse où nous mènent une certaine façon de « construire » l’Europe et le double langage des dirigeants français qui accompagne le mouvement malgré toutes leurs dénégations.

Les Français ont ainsi pu découvrir que les reconduites dans leur pays d’origine de ces populations misérables et exclues, souvent issues de Roumanie et Bulgarie, ne servent strictement à rien puisque la libre circulation des personnes, pierre angulaire de l’Europe supranationale avec la « concurrence libre et non faussée », leur permet de revenir aussitôt en France pour une nouvelle période de trois mois.

Pire, l’allocation d’aide au retour qui leur est versée (à raison de 300 € par adulte et 100 € par enfant), censée favoriser la réinsertion dans le pays d’origine, permet aux intéressés de… se payer un nouveau trajet vers la France !

L’entrée dès 2007 de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne, que j’ai été - à cause de leurs écarts trop importants avec la plupart des pays membres - l’un des seuls à combattre au Parlement français, montre aujourd’hui clairement son caractère prématuré et irresponsable.

Beaucoup de Roms de Roumanie et de Bulgarie venus en France provoquent en effet de graves troubles à l’ordre public, contre lesquels il est très difficile d’agir et qui s’ajoutent à une délinquance domestique suffisamment ardue à contenir.

Ce n’est pas stigmatiser toute une population ou se livrer à je ne sais quel amalgame que de constater que, bien souvent, les Roms ont partie liée avec des mafias très organisées, qui sévissent dans le cambriolage, le vol de voitures, les voies de fait de tout type, la mendicité agressive (y compris au moyen de mineurs), etc. Cela crée bien sûr une insécurité supplémentaire, une dangereuse et injuste confusion avec les gens du voyage de nationalité française, une dépense publique non négligeable, sans même parler de la charge de gestion administrative et diplomatique.

Ainsi, on a encore appris aujourd’hui qu’au moins l’une des deux cambrioleuses surprises il y a peu par un retraité de l’Hérault, en pleine effraction de son domicile, serait issue de la communauté rom. Les enquêteurs supposent qu’elle aurait été déposée avec sa comparse dans les environs par un complice mafieux, preuve supplémentaire du type de criminalité que génèrent certains Roms. Quant au trouble à l’ordre public provoqué par ce fait divers, il est des plus inquiétants : usage d’une arme à feu par le propriétaire paniqué, incarcération de ce dernier (la légitime défense ne semblant pas devoir lui être accordée), incompréhension totale de la population envers la justice et montée d’une colère qui pourrait bien servir les intérêts électoraux de certains… Bref, le monde à l’envers !

Face à tous ces désordres, comme d’habitude, la gauche et la droite allument des contre-feux pour dissimuler leur coresponsabilité européenne et leur refus d’agir à la racine, en entonnant leur éternelle rengaine : d’un côté, la fausse générosité qui voudrait ouvrir les frontières à tous les vents sans en voir les conséquences concrètes. De l’autre, la fausse fermeté, celle des discours musclés et des coups médiatiques permanents, qui ne résout strictement rien puisque les Roms expulsés reviennent ensuite en toute légalité dans notre pays.

Car ni le PS, ni l’UMP n’osent briser le tabou de cette Europe supranationale qui démontre une fois de plus au grand jour sa faillite. La Roumanie et la Bulgarie compteraient jusqu’à 2,5 millions de Roms totalement exclus et vivant dans la plus grande pauvreté. Comment, ainsi que le fait la Commission, imaginer supportable pour les populations d’Europe occidentale la migration massive de ces parias vers nos pays ? Sur la forme, les reproches de Bruxelles à Paris sur la question rom sont certes fondés au regard des accords que nos gouvernants, en toute connaissance de cause, ont signés en matière de libre circulation, mais ils n’en restent pas moins scandaleux sur le fond ! Le cavalier seul roumain et bulgare, qui permet à ces pays de se débarrasser sur notre dos de leur problème rom (lequel ne date pas d’hier), tout en nous faisant la morale, est tout aussi inadmissible !

Et ce n’est pas tout : non seulement les dernières restrictions (car il y en a encore) à la libre circulation des Roumains et Bulgares à l’intérieur de l’UE doivent être levées dès l’année prochaine, mais aussi Bucarest mène une politique massive d’octroi de la double nationalité aux ressortissants de la Moldavie voisine, entraînant un nouvel appel d’air migratoire très dangereux pour l’équilibre de tous les pays européens. Dans l’état actuel des choses, la situation ne peut donc qu’empirer…

Chacun mesurera que la seule solution pour mettre un terme à cette anarchie, qui alimente en retour des réactions de rejet inquiétantes pour la paix civile même si elles sont compréhensibles, consiste à rétablir de vrais contrôles à nos frontières. Si l’Europe démontre au quotidien son incurie dans la maîtrise des flux migratoire (en son sein, comme à ses frontières extérieures d’ailleurs), alors cessons les frais et rétablissons ce qui marche en attendant que Bruxelles fasse éventuellement ses preuves. Ne serait-ce que pour interdire efficacement l’accès de notre territoire à des délinquants ayant déjà par le passé fait l’objet de procédures d’expulsion !

Le rétablissement des contrôles aux frontières, simple et logique empirisme auquel n’importe qui, à commencer par des responsables publics, devrait se soumettre. D’ailleurs, on accepte sans difficulté des contrôles multiples dans les aéroports, alors pourquoi vivrait-on comme un drame un simple contrôle douanier à nos frontières terrestres ? Hélas, tant que l’impasse de l’Europe supranationale demeurera enveloppée dans un tabou, on empêchera les Français d’en tirer les seules conclusions qui vaillent. C’est pourquoi DLR continuera de dire la vérité sur cette Europe qui crée tant de problèmes tout en empêchant de les résoudre.

Lutte contre l’insécurité : l’esbroufe, encore et toujours !

mar, 08/17/2010 - 09:47

Vendredi matin dernier, un titre du Figaro a attiré mon attention : « Prison ferme pour les agresseurs des policiers » J’imagine aisément la satisfaction du lecteur : enfin de la fermeté !

Malheureusement, il suffisait de lire l’article pour comprendre qu’il n’en était rien. Les agresseurs de policiers victimes à Perpignan d’un véritable guet-apens (avec 21 jours d’interruption de travail) ont été condamnés par le Tribunal à six mois de prison, dont cinq avec sursis ! Où est donc la fermeté ?

Sachant, surtout, qu’à cause de la dernière loi pénitentiaire qui supprime l’incarcération pour les condamnations à moins de deux ans de prison fermes, l’agresseur sera tout juste sermonné et devra subir une simple peine alternative (souvent même pas exécutée).

La réalité ne correspond donc pas du tout au titre. Mais, au moment où le président de la République s’agite dans tous les sens, le Figaro a dû se sentir obligé de prêter foi à sa communication.

Le laxisme judiciaire, qui est le fruit à la fois de l’insuffisance des moyens mis à la disposition de la Justice et des lois voulues par le Gouvernement actuel, explique bien évidemment l’impunité quasi totale dont bénéficie les voyous.

Le débat de cet été a porté sur la déchéance de nationalité qui ne concernera que moins de dix cas par an mais cela a permis de ne pas parler des vrais enjeux : le manque d’effectifs dans les commissariats, les 32 000 peines annuelles jamais exécutées, les mafias d’Europe de l’Est qui profitent de la suppression des frontières, le trafic de drogue qui progresse !

Comment nos concitoyens pourraient-ils s’y retrouver alors que tout n’est qu’annonce, émotion, hyper-médiatisation, zapping permanent…

Pour fonctionner, la démocratie a besoin d’un débat public qui éclaire le choix des citoyens.

Hélas, cet été aura sans conteste marqué une étape supplémentaire dans le recul de la démocratie en France.

Pour autant, il ne faut pas se résoudre au naufrage annoncé, tout au contraire. C’est l’honneur de la politique que de s’attaquer avec sérieux aux problèmes du pays, d’exprimer haut et fort des convictions et de proposer les solutions concrètes qui en procèdent.

La tâche est certes beaucoup plus ardue aujourd’hui qu’hier, à l’heure où le pourrissement de la situation entretenu par les gouvernements successifs depuis 10 ans, produit tous ses effets délétères. Elle n’en est que plus impérieuse et urgente…

Péages autoroutiers : assez du racket !

jeu, 08/12/2010 - 17:47

Comme des millions d’autres Français, j’ai eu tout dernièrement l’occasion, lors de mon retour de vacances, de constater la cherté des péages autoroutiers dans notre pays. Beaucoup de nos concitoyens en sont mécontents, mais beaucoup moins nombreux sont ceux qui ont conscience du véritable racket auquel ils sont soumis.

Les sociétés concessionnaires qui pratiquent ces abus, grâce à une bien étrange inertie des autorités, sont habiles, masquant ces hausses dans l’opacité de leurs règles de calcul, ne les appliquant qu’à des secteurs ou tronçons d’autoroutes limités ou encore prétextant d’importants frais d’entretien ou d’investissement

Mais le résultat est là : même si les Français ne voient pas toujours clair dans ce jeu, ils en ressentent l’effet et sont de plus en plus nombreux à bouder les autoroutes pour se rabattre sur les réseaux secondaires. Conséquence fatale : un allongement de la durée des trajets, une pénibilité accrue, un temps de vacances perdu, un stress plus grand, bref des conditions de circulation bien plus accidentogène que sur autoroute…

Les critiques adressées aux sociétés concessionnaires d’autoroutes – notamment en 2007 et 2008 - par la cour des comptes ne cessent de pleuvoir depuis la privatisation de 2006 : des hausses de péages indues, le refus de pratiquer toute transparence dans la tarification ou encore une insuffisance chronique des dépenses d’entretien et de modernisation des réseaux - contrainte encore une fois alléguée par lesdites sociétés pour justifier leurs hausses de tarifs !

Bref, les sociétés concessionnaires privées exploitant les autoroutes (construites depuis 60 ans avec l’argent du contribuable) s’inquiètent prioritairement de leur profitabilité tout en cherchant à oublier les servitudes de service public liées à leur activité. Tout pour l’actionnaire, rien ou le moins possible pour le consommateur, lequel est de surcroît prisonnier d’un marché captif ! Comble des combles, les sociétés prétextent « l’acceptabilité » de leurs hausses tarifaires par les usagers, jouant sur le manque d’information du public et sur le fait que les automobilistes n’ont guère la possibilité de faire jouer la concurrence entre sociétés d’autoroutes.

Mais que fait l’Etat me direz-vous ! C’est là le plus étrange… L’inertie des pouvoirs publics est telle qu’on est en devoir de se demander s’il ne s’agit pas en réalité de complaisance ! La liste est longue du défaut de régulation, des gabegies, des cadeaux dont ont bénéficié les bienheureuses sociétés concessionnaires, pour la plupart des multinationales du BTP.

Qu’on en juge :

- les autoroutes françaises ont été cédées en 2006 à la va-vite à ces mastodontes, dans des conditions et à un prix jugés contestables par la Cour des comptes, laquelle avait notamment relevé que la maintien dans le giron public aurait rapporté à la Nation bien plus que le produit médiocre de la vente.

- Depuis, toujours selon la Cour, l’Etat « a mal assuré la protection des consommateurs », laissant les dérapages de tarifs se produire. La création d’un Comité des usagers du réseau routier par une loi l’année dernière n’a même pas permis de remettre de l’ordre car ce comité, comme par hasard, n’a pas été en mesure d’examiner les hausses de tarif. Ainsi, les dernières hausses intervenues ont-elles été calquées sur une inflation nulle, alors même que l’inflation de l’année écoulée était négative ! Les tarifs auraient dû baisser, ils ont en fait légèrement augmenté !

- Ce n’est pas tout : le magazine Marianne a récemment révélé que l’Etat venait de prolonger gratuitement d’une année le droit des sociétés concessionnaires (qui court jusqu’en 2030), ce qui représente un cadeau de plusieurs centaines de millions d’euros.

- Enfin, inutile de préciser que l’Etat ne fait rien pour lutter contre l’opacité des tarifs, la complexité de leur définition, trouvant systématiquement des excuses aux concessionnaires plutôt que de mettre en œuvre les préconisations de la Cour des comptes, sans doute jugée trop partisane dans la défense de l’intérêt général !

Tout ceci ne peut plus durer. Si le scandale du racket autoroutier est insupportable en soi, il dépasse toutes les bornes en période de crise, à l’heure où chacun (surtout les moins favorisés) est appelé à se serrer la ceinture.

Le gouvernement doit au minimum prendre une mesure immédiate et exemplaire : par exemple, la baisse générale des péages autoroutiers de 10% jusqu’à la fin du mois d’août.

Mais il faudra évidemment aller beaucoup plus loin, en remettant complètement à plat les règles régissant les sociétés exploitantes d’autoroutes - tarification transparente et compréhensible de tous, publicité des augmentations, contraintes d’investissements et d’emplois, etc. Cela nécessite une loi nouvelle, élaborée et discutée devant les Français par le Parlement. Avant d’aboutir sur le terrain législatif, ce qui prendra nécessairement quelques mois, une commission d’enquête parlementaire s’impose pour faire toute la lumière sur le racket autoroutier. Ce n’est qu’à ce prix que le fruit de ce bien public que sont les autoroutes, sera enfin rendu à nos concitoyens.

Une audition ? Oui, mais à la maison.

jeu, 07/29/2010 - 17:47

Les Français auront été très surpris de voir que les auditions de témoins dans les procédures judiciaires ne se ressemblent pas selon la situation de la personne entendue.

Si vous êtes milliardaire ou ministre, la police se déplace chez vous ou sur votre lieu de travail. Si vous êtes un simple citoyen, vous devez vous déplacer. Pourquoi ? Mystère !

Cette détestable impression de "deux poids, deux mesures" n'est pas saine pour la démocratie car - que je sache - lorsque l’on est entendu dans les locaux de la Police Judiciaire on ne risque pas sa vie.

Alors pourquoi M. Woerth ou Mme Bettencourt ne pourraient-ils pas supporter de se déplacer comme tous les autres justiciables français ?

Décidément dans cette affaire, tout est fait pour discréditer notre justice et nos Institutions. Ce sont en effet tous ces « petits rien » purement symboliques qui témoignent du degré de maturité d’une démocratie.

Comment demain les milliers de nos concitoyens qui seront convoqués pour un témoignage ne pourraient-ils pas demander que l’on vienne chez eux faire allégeance ? C’est tout de même plus agréable, et l’avocat peut être caché dans la cuisine ou tenir comme Maître Kiejman une conférence de presse improvisée en sortant du domicile.

Il y a donc deux justices. Mais ce n’est finalement pas étonnant puisque l'on savait déjà qu'il y avait deux systèmes fiscaux.

Jusqu’où ira-t-on dans l’indécence ?

Le débat interdit

mar, 07/27/2010 - 10:36

« Honte aux pays où l’on se tait » disait Georges Clemenceau pour réveiller les Français.

Au moment où la présence militaire en Afghanistan suscite de grands débats politiques en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis, la classe politique française est muette.

Les révélations du site "Wikileaks" d’hier confortent la thèse de tous ceux qui dénoncent la manière dont est conduite cette guerre, et l’impasse dans laquelle se sont placés les Etats-Unis.

En France le silence est total pour deux raisons.

Tout d’abord, le retour dans l’OTAN et le soutien aveugle aux Etats-Unis mis en œuvre par le Président de la République s’avère être un véritable constat d’échec. Contrairement à ce qui avait été promis, loin de peser davantage, notre pays en abandonnant sa position singulière d’indépendance ne vaut plus grand-chose. Reconnaître l’embourbement - comme je l’avais annoncé il y a deux ans - des opérations de l’OTAN en Afghanistan, ce serait bien sûr pour tous les soutiens du Président avouer la faiblesse de sa politique internationale.

La seconde raison c’est l’atlantisme viscéral du Parti Socialiste qui n’a pas de politique étrangère bien arrêtée et qui ne joue pas son rôle d’opposition.

Les Etats-Unis et leurs alliés sont en train de perdre cette guerre car, comme les Anglais, puis les Russes, on ne peut pas tenir ce pays montagneux et très particulier sans au moins 300 000 hommes.

Nous sommes quelques uns à l'avoir dit en Commission des Affaires Etrangères et de la Défense réunis l’été 2008. La débâcle qui se prépare va déstabiliser un peu plus le Pakistan au risque d’embraser toute la région.

Voilà pourquoi la France, si elle était encore la France, devrait faire entendre sa voix beaucoup plus nettement pour retirer ses troupes et proposer une solution politique.

Il y a urgence.

Un groupe de républicains libres à l'Assemblée Nationale ?

jeu, 07/22/2010 - 16:57

Alors que les Villepinistes de République Solidaire réfléchissent à la possibilité de constituer un groupe indépendant à l'Assemblée Nationale, on m'interroge désormais régulièrement sur ma volonté de les y rejoindre.

Pour être franc, je trouve que c'est une drôle de façon de présenter les choses puisque je siège déjà aux non-inscrits, et que j'ai fait le premier le choix de quitter l'UMP !

D'autres ont d'ailleurs également eu ce courage, comme François-Xavier Villain, qui m'a rejoint à DLR, ou bien encore Daniel Garrigue qui est resté sans étiquette politique.

Logiquement, j'ai donc été le premier à proposer la création d'un groupe indépendant de l'UMP à l'Assemblée, invitant les républicains et tous ceux qui ne se reconnaissaient pas dans la politique de classe de Sarkozy à franchir comme moi le Rubicon.

Car faire partie d'un groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale, c'est se voir offrir plus de moyens pour travailler, plus de visibilité et surtout un meilleur temps de parole dans l'hémicycle ! Les Communistes et les Verts se sont ainsi regroupés au sein du groupe GDR (Gauche Démocrate et Républicaine) pour cette unique raison, ne partageant pas - loin s'en faut - les mêmes idées, ni ne souhaitant d'ailleurs être associés politiquement.

Et s'il y avait encore une personne à convaincre qu'être plus fort à l'Assemblée est indispensable à la diffusion de nos idées, je soumets cette petite vidéo tellement emblématique à mes yeux de ce dont est capable un système qui cherche par tous les moyens à faire taire les voix discordantes, celles qui disent la vérité.

Alors que l'accès aux médias est trop souvent confisqué au profit des personnalités politiques qui ne bousculent pas le système (ou bien font semblant de le critiquer), puisque le président de l'Assemblée Nationale refuse de donner aux non-inscrits un temps de parole équitable, les indépendants sont contraints de se rassembler afin de peser et de disposer du temps nécessaire à leur expression politique.

Cinq propositions concrètes pour rétablir l’ordre public

lun, 07/19/2010 - 11:45

Les violences répétées de ce week-end révèlent une fois de plus la montée de l’insécurité dans notre pays.

J’ai été le premier à l’Assemblée Nationale à alerter les autorités sur l’urgence qu’il y a à agir tant les délinquants n’ont plus peur de rien. La cause est évidente : leur sentiment d’impunité la plus totale qui est le fruit de politiques judiciaires totalement contreproductives.

En effet, nous sommes le seul pays au monde qui, au cours des dernières années, a à ce point baissé la garde.

Pour les délits les plus graves en combinant les remises de peine automatiques (loi de 2004), les remises de peine conditionnelles et la libération conditionnelle, les condamnés sont assurés de n’effectuer que la moitié de la peine de prison prononcée. Lors d’une discussion parlementaire, j’avais proposé un amendement supprimant les remises de peine automatiques. Quelle ne fut pas ma surprise de voir le gouvernement s’appuyer sur le parti socialiste et une partie de l’UMP pour rejeter mon amendement qui recueillait un véritable écho chez certains parlementaires de la majorité !

A cela s’est ajoutée la récente loi supprimant l’emprisonnement pour toutes les condamnations égales ou inférieures à deux ans de prison ferme. Tous les Maires de banlieue voient le résultat dramatique de cette loi puisque les délinquants ne subissent même plus la prison et reviennent immédiatement dans leur quartier, narguant les autorités. Les fameuses peines alternatives sont très mal contrôlées et ne dissuadent pas.

Les grands déploiements de force après des incidents comme ceux de ce dernier week-end, ne servent pas à grand-chose dans la mesure où les fauteurs de trouble savent très bien que, dans les faits, ils ne risqueront quasiment rien.

Ce double langage du gouvernement entre d’un côté un discours sécuritaire justifié et de l’autre une pratique pénale très laxiste ne peut aboutir qu’à une catastrophe politique. Sans parler des réductions d’effectifs de policiers et de gendarmes qui démoralisent les forces de l’ordre et les empêchent de fonctionner correctement dans nos banlieues.

Pour que la peur change de camp et qu’enfin la loi républicaine soit appliquée, je propose : - de revenir sur la loi des « deux ans » ; - de supprimer les remises de peine automatiques pour que les délinquants, comme en Allemagne, se voient appliquer au moins les deux tiers de la peine prononcée ; - la construction de 20 000 places de prison en utilisant, pour gagner du temps, les casernes désaffectées. N’oublions pas que la France n’a que 63 000 places de prison et l’un des plus faibles taux d’incarcération d’Europe. 82 000 condamnations ne sont toujours pas appliquées. Il faudrait au moins atteindre le nombre de places de la Grande-Bretagne (85 000) ; - le remplacement des départs en retraite dans la police et la gendarmerie ; - l’utilisation de la disposition du Traité de Schengen qui permet de rétablir les contrôles aux frontières pour une période transitoire.

Dans le domaine de la sécurité comme dans beaucoup d’autres d’ailleurs, on ne peut pas éternellement tricher avec la réalité. Nos concitoyens perçoivent désormais très bien le fossé entre les discours et les actes.

Face à un PS toujours aussi naïf dans le domaine de la sécurité et une UMP qui ne fait que parler car elle ne veut pas dégager les moyens financiers nécessaires, il est impératif d’offrir enfin aux Français une véritable politique de sécurité publique.

Les Portugais méritent mieux que Moody's and co !

jeu, 07/15/2010 - 12:30

Alors que l'agence de notation américaine Moody's vient d'abaisser de deux crans la note souveraine du Portugal, Debout la République apporte son soutien plein et entier au peuple portugais.

Pas assez de rigueur ? Les agences de notation sanctionnent.

Trop de rigueur ? Elles sanctionnent d'autant plus.

En fait, cette dégradation de la note du Portugal est révélatrice de l'échec d'un plan européen qui assèche les économies sans leur offrir la bouffé d'oxygène que constituerait une sortie de l'euro. Moddy's l'avoue en se déclarant « préoccupée par le potentiel de croissance à moyen terme » du Portugal.

C'est pourquoi Debout la République appelle le peuple portugais à sanctionner un gouvernement socialiste qui collabore avec Bruxelles et accepte sans vergogne d'étouffer sa croissance sans pour autant réduire son déficit. Car bien évidemment ce qui devait arriver arrive : quand un pays réduit drastiquement ses dépenses sans pour autant dévaluer sa monnaie, il ne fait que le plonger dans une déflation qui entraîne à son tour plus de déficit !

Comme en France, seule une sortie de l'euro permettra de redresser le pays en lui rendant sa souveraineté monétaire, c'est-à-dire en ne dépendant plus de banques qui se sont accaparé la création d'une monnaie qu'elles font payer très cher aux citoyens par les taux d'intérêts qui se cumulent dans le temps.

Le vieux peuple portugais est fier et il a raison de l'être. Il dispose d'atouts extraordinaires, d'un dynamisme qui n'est plus à prouver et d'une culture richissime. Il ne doit plus se laisser impressionner par une oligarchie dont leur pays a malheureusement enfanté le plus docile serviteur, José Manuel Durão Barroso.

Lorsque l'on connaît les liens qui unissent la France et le Portugal - et notamment l'importance de l'entrepreneuriat luso-descendant dans notre tissu de PME - nul doute que les Français comme les Portugais doivent se rebeller face à un modèle dominant que des institutions supranationales cherchent à nous imposer.

C'est quand même un comble de voir un monde financier sauvé par l'agent public accuser maintenant les Etats qui l'ont aidé d'être ruinés. C'est comme écouter l'ivrogne qui nous promet qu'il va arrêter de boire. Stop ! Assez ! Envoyons tout ce beau monde et leurs représentants en cure de désintoxication. La cure commence par la sortie de l'euro, elle se poursuivra par la dénonciation des Traités européens et conduira des élus fiers d'être Portugais, Français ou Grecs, bien décidés à défendre les intérêts de leurs pays respectifs, plutôt que de se soumettre au "modèle dominant".

Car pour tous ceux qui ne s'en seraient pas encore rendu compte, le modèle dominant est mort. Il est mort dans la crise financière. Il est mort dans son incapacité à évoluer.

Reprenons notre liberté !

Au moins, en URSS, le journaliste était en uniforme...

lun, 07/12/2010 - 21:29

Ce soir, le président de la République a été habile. En faisant croire que l'exaspération des français portait sur des accusations de malhonnêteté à l'encontre d'Eric WOERTH, il a décrédibilisé un peu plus une presse insultée par ses ministres, et il a fait oublier le véritable scandale de cette affaire : à savoir le conflit d'intérêt permanent, la proximité du pouvoir et des milieux d'argent, la République des copains et des arrangements scellés au Fouquet's un soir d'élection présidentielle.

Car bien entendu, la question de savoir si le "punching ball" Eric Woerth est honnête ou pas ne peut-être tranché que par une justice indépendante.

De même, la question de savoir si ce dernier a une tête à couvrir la fraude fiscale, s'il ne dort plus la nuit ou si ce qui lui arrive relève du surnaturel n'est pas le problème.

Ce qui est en cause, c'est bien plus que cela, c'est l'intégrité même de la République et la question de sa légitimité à l'heure où le taux d'abstention peut atteindre 70% sans que cela ne provoque une révolution, où l'on supprime les allocations logements pour les étudiants des familles modestes, à l'heure où le Ministre de l'Economie parle franglais, où l'on s'assoie sur le résultat d'un référendum et où Mme Morano traite un organe de presse de "fascisto-trotkiste" (sic).

Ce qui est en jeu, c'est bien la survie de notre démocratie, et la question de savoir quel espoir nous pouvons, nous, Députés de la Nation, journalistes, acteurs de la société civile, citoyens, apporter à notre pays.

Or, en manipulant un journaliste "prudent", en ne répondant pas aux questions et - pour chaque sujet - en travestissant la réalité, Nicolas Sarkozy vient de porter un nouveau coup à notre démocratie. Il exaspère les plus lucides, il excite les dominés et plus grave encore, il trompe les naïfs, viole les candides sur l'air du "tu l'as bien cherché".

Rien sur les conseillers Elyséens se répandant dans les dîners et se vantant de pouvoir influer sur une justice dont ils connaissent "très très bien" les acteurs, rien sur l'iniquité d'un bouclier fiscal odieux qui consiste à remercier les plus riches de ne pas détester tellement la France qu'ils la quittent, rien sur la politique africaine du Premier Ministre Claude Guéant, rien sur ses liens d'amitiés avec le procureur d'un département qu'il connaît bien et qui serait le seul susceptible de mettre en cause Eric Woerth, rien sur un rapport de l'OCDE nous expliquant que nous devons accueillir plus d'immigrés pour relancer notre croissance, rien sur la gouvernance économique prônée par Bruxelles et imposée par une Allemagne que Nicolas Sarkozy avoue vénérer, et qu'il accepte sans broncher, droit qu'il est devant son drapeau européen. Rien. Le vide sidéral.

Alors bien sûr, personne n'espérait rien de cette intervention télévisée. Un peu comme en URSS à la grande époque, on regardait en espérant un coup de théâtre, ou pour connaître la couleur des sièges du nouvel avion présidentiel.

Mais au moins, en URSS, le journaliste était en uniforme. Les soviétiques avaient le mérite de l'honnêteté !

A l'UMP : haro sur Internet !

ven, 07/09/2010 - 11:31

Les rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL) se tiennent cette année à Bordeaux. J'étais hier l'invité de la traditionnelle table ronde politique.

Passer une journée avec les responsables associatifs, passionnés d'informatique et défenseurs du logiciel libre était rafraîchissant après le climat nauséabond qui régnait cette semaine à l’Assemblée Nationale.

Leur combat est essentiel pour nos libertés, tout comme pour le développement économique du pays. La révolution numérique est, en effet, une occasion historique à ne pas rater pour la France.

J’avais rencontré tous ces acteurs lors du projet de loi Hadopi, et nous avions bien travaillé ensemble contre cette loi scélérate qui - au nom de la fausse protection des droits d’auteurs - servait dans les faits les profits des majors de l’industrie du divertissement et voulait étouffer l’extraordinaire diffusion des œuvres culturelles que permet à un coût dérisoire Internet.

L’enjeu est aussi économique lorsque l'on connaît dans notre pays l'ampleur de la fracture numérique. D’un coté, les zones urbaines denses où se superposent plusieurs réseaux de fibres optiques des différents opérateurs, de l’autre, des zones de banlieues ou des campagnes sans véritable desserte et où aucun opérateur ne veut intervenir. Une fois n'est pas coutume, c'est encore le contribuable qui, par l’intermédiaire des collectivités locales, sera de nouveau mis à contribution.

Mais, bien sûr, Internet était également au cœur de toutes les conversations politiques avec les déclarations ahurissantes des responsables de l’UMP contre ce vecteur d'information et leur charge contre les médias en ligne. Dans le pays, la fièvre monte. Alors, c'est compréhensible, ils veulent casser le thermomètre, jetant l’anathème sur une presse à nouveau libre qui n’appartient ni à Lagardère, ni à Bouygues, ni à Dassault et qui, donc, n’est pas contrôlable.

Médiapart ne mérite pas cet excès d’indignité. J’espère que M. Bertrand, Mme Morano et quelques autres se rendront compte très vite du ridicule de leur attitude, car ils risquent à défaut de briser définitivement la crédibilité de l'ensemble d'une classe politique prise en otage par leurs comportements.

Ils vont finir par tuer la Vème République

mar, 07/06/2010 - 18:09

Je sors à l’instant d’une séance de questions d’actualité surréaliste à l’Assemblée Nationale, qui ne peut que dégoûter un peu plus les Français de la vie politique.

Aux questions sur les dernières révélations de l’affaire Woerth, sur le cumul de fonction – trésorier de l’UMP, ministre du Budget - que je dénonce depuis des années, sur le caractère injuste du bouclier fiscal, les Ministres du gouvernement n’ont pas voulu répondre, préférant contre-attaquer en dénonçant un complot socialiste.

On avait le sentiment d’assister à un combat de clans s’envoyant à la figure « leurs affaires ». Cette ligne de défense du gouvernement est totalement contre-productive.

En accusant ceux qui veulent la vérité de faire le jeu de l’extrémisme et du populisme, les Ministres se rendent-ils compte qu’ils s’enfoncent un peu plus ? L’Inspecteur des impôts, le policier, le douanier, le juge d’instruction, sont-ils alors tous des extrémistes dangereux au prétexte qu’ils appliquent la loi ou qu’ils recherchent la vérité ?

Comment des hommes apparemment censés, exerçant de hautes fonctions ministérielles, peuvent-ils déraisonner à ce point et croire que les Français seront dupes de cette posture de fausse indignation ?

Le Président et son gouvernement préfèrent entraîner la majorité dans un suicide collectif plutôt que de déterminer les responsabilités des uns et des autres et d’en tirer les conséquences. Ils préfèrent même alimenter le « tous pourris » plutôt que de renoncer à ce système de l'argent roi qui devient leur tombe.

Bon appetit, Messieurs !

ven, 07/02/2010 - 17:12

RUY BLAS,
Bon appétit, messieurs !
O ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n’avez pas honte et vous choisissez l’heure,
L’heure sombre où l’Espagne agonisante pleure !
Donc vous n’avez ici pas d’autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfouir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !

Victor Hugo ne serait pas dépaysé en France aujourd’hui ! Son talent nous manque pour exprimer ce que ressentent nos compatriotes.

Au-delà de la question de l’honnêteté ou non du ministre qui ne peut être tranchée que par la justice, les révélations successives de ces derniers jours démontrent la confusion des valeurs qui règne au sommet de l’Etat.

Pourquoi le Président de la République et le Premier ministre préfèrent-ils le suicide politique à la démission d’Eric Woerth et à la manifestation de la vérité ?

Que cache ce soutien aveugle au ministre et cette attitude agressive à l’égard des Français qui veulent tout simplement éclaircir les rapports pour le moins étroit entre l’ancien ministre du Budget et la famille Bettencourt ?

Nicolas Sarkozy et François Fillon se rendent-ils compte qu’en protégeant ainsi leur ministre, ils ne défendent pas son honneur (qui ne peut être lavé que par une justice indépendante) mais qu’ils cautionnent totalement, indéfectiblement un véritable système révélé par cette affaire.

Un système où le pouvoir est au service de l’argent roi.

Un système où plus on est riche, moins on paye d’impôts.

Un système où plus on est riche, moins on est contrôlé.

Un système où plus on est riche plus on est décoré, câliné, protégé.

En vérité, Eric Woerth n’est que le serviteur zélé et rigoureux d’une dérive terrible de notre République.

Au soir de son élection, Nicolas Sarkozy a d’abord préféré retrouver les siens au Fouquets plutôt que de saluer la foule qui l’acclamait place de la Concorde. Il a clairement exprimé ainsi sa préférence pour une certaine oligarchie. Aujourd’hui cette préférence lui explose en pleine figure.

Ce ne serait pas si grave si cela n’atteignait pas malheureusement les fondements mêmes de notre démocratie et de notre République.

Un Ministre en sursis

sam, 06/26/2010 - 12:27

Les révélations du juge Courroye sapent les bases de la ligne de défense d’Eric Woerth, ministre du Travail.

Soit le procureur de la République raconte n’importe quoi, soit le ministre du Budget était au courant de la transmission par le parquet de Nanterre des soupçons de fraude fiscale concernant Madame Bettencourt.

Pourquoi n’y a-t-il pas donné suite ? Eric Woerth doit s’expliquer bien évidemment sur ce point.

Comment un homme aussi avisé que lui a-t-il pu se placer par le cumul de ses fonctions dans une situation de conflit d’intérêt ?

Comment peut-on croire qu’Eric Woerth qui accompagne régulièrement au titre de ses fonctions de trésorier de l’UMP, le Président de la République à l’Hôtel Bristol pour « câliner » les plus grandes fortunes de France et qui, de surcroît, a sa femme qui travaille comme gestionnaire des dividendes de Madame Bettencourt, n’ait pas été au courant immédiatement du dossier transmis par le juge Courroye.

L’effondrement de la ligne de défense du ministre révèle cruellement l’esprit clanique qui l’a emporté dans la majorité en début de semaine dernière. Le discours du Premier ministre à l’Assemblée nationale était déjà surréaliste avant ces révélations, il devient très choquant après.

Traiter de chiens ceux qui aspirent à la plus élémentaire morale en politique et au respect des règles fiscales est indigne d’un Premier ministre. Soit François Fillon a été trompé, le ministre du Travail ne lui ayant pas dit la vérité, soit le Premier ministre savait tout et il devra lui aussi s’en expliquer.

Et ce sont les mêmes qui passent leur vie à nous accuser de populisme quand on demande la justice sociale et le respect des lois dans notre pays. Ce sont les mêmes qui invitent les Français à l’effort et au sacrifice tout en protégeant les leurs. Ils jouent les pompiers mais ce sont bien eux les pyromanes. Leur inconscience promet des lendemains douloureux pour notre République. Espérons dès lors que cela soit le prix du sursaut et du rassemblement d’une large majorité de Français pour une autre politique au service de l’intérêt général.

Oligarchies

mer, 06/23/2010 - 18:55

Au moment où les Français sont de plus en plus exaspérés par cette sorte d’impunité qui règne chez les « oligarques » du pays, le Président de la République décide de supprimer la Garden Party de l’Elysée.

Coup de pub dérisoire qui ne trompera pas nos concitoyens.

J’aimerais bien qu’on m’explique en quoi la suppression symbolique de ce rituel républicain (dont il conviendrait plus simplement et moins spectaculairement de modérer le coût) rendra notre République plus « irréprochable ».

En vérité, le Président de la République, le Premier Ministre et le gouvernement ne comprennent pas le ras le bol des Français vis-à-vis de l’irresponsabilité générale et de la connivence de la classe dirigeante avec les puissances d’argent et des privilèges toujours plus exorbitants des très privilégiés alors qu’on demande un effort supplémentaire aux classes moyennes et aux plus modestes.

Montesquieu insistait sur l’indispensable vertu nécessaire à la survie de la république.

La vertu ne s’affiche pas, elle se vit. La plus élémentaire vertu aurait dû alerter Eric Woerth qu’on ne peut pas être le trésorier de l’UMP et en même temps le ministre du Budget, tout en ayant pour conjointe une gestionnaire de la première fortune de France.

La plus élémentaire vertu aurait dû conduire M. Blanc à s'abstenir de fumer ses havanes aux frais du contribuable.

La plus élémentaire vertu aurait dû obliger M.Bouton, PDG de la Société Générale, à démissionner après le scandale Kerviel, comme M. Escalettes, Président de la Fédération Française de Football, au coup de sifflet final du match France / Afrique du Sud.

En vérité, c’est tout un système qui commence à exploser en vol, un système qui repose avant tout sur la résignation, voire la complicité, du politique vis-à-vis des nouvelles féodalités financières du pays. Seul l'Etat pourrait mettre bon ordre dans cette jungle des « copains et des coquins ». Seule son abstention intéressée, au nom d'une « modernité » qui nous renvoie en réalité au Moyen-Age, permet cette anarchie au profit de quelques gros intérêts ! C'est bel et bien cette internationale du fric et des puissants, charriée par une mondialisation qui a bon dos, qui déconstruit un peu plus chaque jour la République.

Quel culot d'avoir brisé le monopole public des jeux de hasard au profit de quelques « amis » du pouvoir ? De même comment tolérer que l’Etat soit actionnaire de grandes banques et renonce volontairement à exercer aucun pouvoir au sein des Conseils d’administration ?

On pourrait énumérer encore tant d'exemples !

Oui, le terme « oligarques » par lequel je débutais ce billet, n'est pas trop fort !

Jean-Pierre Escalettes et son Conseil Fédéral doivent immédiatement démissionner.

lun, 06/21/2010 - 11:13

Lorsque vendredi matin sur Canal Plus j'ai exprimé ma colère à l'égard des joueurs de l'équipe de France et de leur Fédération, je ne pensais pas susciter autant de réactions. En effet, ce sont des centaines de messages de soutien et d'approbation qui nous sont rapidement parvenus à Debout la République.

Peut-être est-ce parce que je ne suis pas un grand spécialiste du football que j'ai pu retranscrire spontanément ce que de nombreux français ressentent profondément ? Peut-être est-ce parce que le symbole est si lourd en ces temps de crise qu'il a trouvé un écho si particulier ?

Toujours est-il que les événements du week-end - tout aussi ubuesques que catastrophiques pour l'image de l'équipe de France - m'ont conforté dans le sentiment que, lorsque la tête n'est pas saine, c'est l'ensemble du poisson qui pourrit.

En effet, qui a maintenu Raymond Domenech envers et contre tout après l'élimination honteuse de l'Euro 2008, au service d'intérêts bien étrangers à celui des résultats de l'équipe de France ? Qui s'est jeté comme un voleur dans les bras du sélectionneur national au terme d'un match et d'une qualification pourtant si injuste, entachée par la main volontaire de Thierry Henry et qui aurait nécessité pour le moins un peu d'humilité ? Qui a cherché depuis quatre ans à faire culpabiliser les français de ne pas soutenir une équipe dans laquelle ils ne se reconnaissaient pourtant pas ? Qui a toujours refusé d'assumer sa responsabilité dans les défaites comme dans les mauvais choix, jusqu'à aujourd'hui se cacher derrière l'affaire "Anelka" - trop facile bouc-émissaire - pour ne pas affronter la vindicte populaire ?

La réponse est malheureusement simple : il s'agit de Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération Française de Football, ainsi que de l'ensemble du Conseil Fédéral de la FFF. Alors que le juteux contrat de Raymond Domenech prendra naturellement fin avec le dernier match de l'équipe de France en Afrique du Sud, Jean-Pierre Escalettes et l'ensemble du Conseil Fédéral doivent en revanche immédiatement démissionner de leurs fonctions, provoquer de nouvelles élections et présenter des excuses publiques aux français - en particulier à ceux qui vont très directement subir les conséquences de ce fiasco, à savoir les deux millions de licenciés, les bénévoles et tous ceux qui ne comptent pas leurs heures pour éduquer et former les jeunes passionnés.

Car comment comprendre qu'une Fédération qui vient de conclure un contrat de 320 millions d'euros avec Nike refuse dans le même temps une subvention de 10 000 euros pour la Fédération de sport adapté, afin que des jeunes français puissent représenter la France à la Coupe du monde des déficients intellectuels et psychiques qui se déroule fin août en Afrique du Sud ?

Comment comprendre également que le prix des licences s'envole et que les aides destinées au football amateur se réduisent dangereusement ?

Comment comprendre enfin qu'un staff et que des joueurs sensés représenter notre pays puissent se partager, malgré leur pitoyable comportement et leur probable élimination, 5 millions d'euros de primes liés aux différents partenariats, auxquels viendront s'ajouter 7 millions automatiquement versés par la FIFA ? Alors certes, mathématiquement il existe encore un espoir minime de se qualifier, et quelque chose me dit que le groupe va - comme l'a implicitement annoncé Ribéry - enfin mouiller le maillot, unis qu'ils sont désormais contre leur sélectionneur, unis qu'ils sont contre la Fédération.

Mais sont-ils seulement conscients un tant soit peu de ce qu'ils ont infligé depuis deux semaines à tous ceux qui aiment le foot et qui n'ont pas oublié - comme le souligne Vincent Duluc dans l'Equipe - que la Coupe du monde ne revient que tous les quatre ans ?

Pour l'ensemble de ces raisons, je signe la pétition lancée par Jean-Jacques Bourdin pour que les joueurs de l'équipe de France reversent au football amateur l'ensemble des rémunérations perçues pendant ce Mondial.